Rabbi Meir (Baal Ha ness), descendant d’un général romain

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Rabbi Meir, l’un des plus éminents érudits du deuxième siècle de l’ère commune. On ne connait pas avec certitude sa date de naissance (vers l’an 110), ni son lieu de naissance, ni la date de son décès (vers l’an 175). Il est le seul des grands sages de la Thora avec Rabbi Shimon Bar Yohai à avoir vécu cette période critique du peuple Juif après la destruction du deuxième temple et l’exil qui s’en suivit et à être autant vénéré chaque année. Son souvenir donne lieu le 29ème jour du Omer, le 14 du mois d’Yiar, à une hiloula, repas au cours duquel ses enseignements sont étudiés et analysés. Une journée de mémoire et d’hommage. Par Pierre Mamou.

Selon le Talmud,il était le descendant d’un général Romain qui avait reçu l’ordre de détruire la Terre sainte et Jérusalem. Mais il refusa sa mission par crainte de Dieu. Il se convertit au judaïsme, et fut récompensé car l’un de ses descendants fut le vénéré Rabbi Meir

Le premier maître de Rabbi Meir fut Rabbi Akiva,mais pour atteindre le niveau d’érudition nécessaire et comprendre les enseignements de son maître, il rejoignit la Yeshiva de Rabbi Ychmael qui le forma aux bases de l’étude de la Thora orale.

Comme c’était la coutume à son époque Rabbi Meir travaillait pour subvenir aux besoins de sa famille. Il était sofer (scribe). Ce grand sage possédait une mémoire phénoménale et était capable de recopier les textes sacrés de mémoire. Ce qu’il fit un jour de Pourim dans une ville où il était de passage, et où il n’y avait pas de Meguila (le livre de la reine Esther). Il s’assit et écrivit toute la Méguila de mémoire, et on n’y trouva aucune faute.

Il encourageait les gens à enseigner un métier à leurs enfants, afin qu’ils puissent plus tard fonder une famille et subvenir à leurs besoins. Rabbi Meir était marié à Brou’hia une femme très érudite dont le Talmud cite plusieurs fois ses opinions et ses décisions. Elle était la Fille de Hanania Ben Tradore un des dix martyrs de la royauté de Rome.

La mort des fils de Rabbi Meir

Un après midi de chabbath alors que Rabbi Meir étudiait à la synagogue, deux de ses fils moururent subitement. Éperdue de chagrin Brou’hia les couvrit d’un drap mais n’en parla pas à Rabbi Meir. Ce n’est qu’après la fin du chabbath que Rabbi Meir demanda à son épouse où se trouvaient ses deux fils qui n’étaient pas venus à la synagogue. Elle ne lui répondit pas et lui demanda de réciter la prière de la Havdala. Ensuite Brou’hia dit à son mari : il n’y a pas si longtemps quelqu’un m’a demandé de garder pour lui quelques bijoux précieux, et maintenant il est venu me les réclamer, dois-je les lui rendre ? Surpris par cette question si simple, Rabbi Meir répondit que bien entendu, elle connaissait bien la loi et devait les rendre.

Elle l’amena donc dans la chambre, souleva le drap et Rabbi Meir éclata en sanglots. Brou’hia déclara alors, ne m’as-tu pas dit que nous devons rendre ce qui nous a été confié temporairement. Dieu nous avait confié deux trésors et maintenant il est venu les reprendre. Dieu a donné et Dieu a repris, que son grand nom soit béni. La foi profonde de cette femme exceptionnelle était la source du réconfort et de la force pour son mari.

« J’ai besoin que quelqu’un me crache dessus »

Un autre événement que l’on raconte : Rabbi Meir avait l’habitude d’enseigner la Thora le vendredi soir dans une synagogue prés de Tibériade. Un soir, il parla plus longtemps que d’habitude, et une femme qui assistait à son cours rentra chez elle assez tard. Elle trouva son mari furieux qui lui déclara : tu ne rentreras pas à la maison tant que tu n’auras pas craché au visage de ce rabbin qui parle tant. Elle retourna donc vers Rabbi Meir qui inspiré par Dieu comprit la situation et dit à la femme : un de mes yeux me fait mal, j’ai besoin que quelqu’un me crache dessus, je vous en prie faites le et crachez sept fois, cela me fera du bien supplia t il. Ce qu’elle fit. Il lui dit alors, rentrez chez vous et dites à votre mari que vous avez craché sur moi non pas une fois mais sept fois.

Ses disciples stupéfaits ne comprirent pas le mépris fait à ce grand érudit de la Thora par cette femme. Il répondit si la Thora nous demande d’effacer le nom de Dieu pour rétablir la paix entre un homme et son épouse, certainement je peux supporter d’être traité de cette façon pour cette raison.

De nombreuses histoires dans le Talmud et le Midrach soulignent ses capacités d’enseignement prêchant une conduite morale irréprochable. On dit qu’il connaissait trois cents paraboles qu’il utilisait pour illustrer  ses enseignements. Il était aussi très capable de traiter avec les autorités en place, et fut fréquemment sollicité pour plaider la cause des Juifs à Rome.

A la fin de sa vie il s’installa en Asie mineure où il continua à attirer de nombreux disciples et à répandre la lumière de la Thora parmi les communautés Juives de la diaspora.

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SourceJFORUM.FR

2 Commentaires

  1. avant le Moyen Âge, ainsi étaient nos rabbins: Sages complets: intelligence formelle haute QI Mémoires Raisonnement) et moralité étayée de >Travail artisanal< les rendant libres et indépendants des Parnassim……et de l'ambition pathologique .
    Le clivage actuel est bien une erreur Cléricale copiée sur le Catholicisme et pervers par essence: Establish ment étayé de serviteurs commensaux…

  2. Pas du tout d’accord avec votre formule : »l’ère commune ». Il n’y a pas d’ère commune. Il y a une ère des chrétiens qui ne nous est pas commune, à nous, juifs. Et il y a notre ére à nous, qui n’a rien à voir avec celle des autres. Voila tout.

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