Sarah Cattan. “La balle”

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Hier samedi vers 22 heures, une dépêche apprenait au monde que l’Autorité palestinienne avait remis à des experts médicaux américains “la balle.”

Entendons bien évidemment “la balle qui aurait tué Shireen Abu Akleh”

Ce qui devient dans la dépêche “la balle qui a tué la journaliste”

et, très vite, “la balle israélienne.”

A l’instant-même du tir mortel, et avant que l’Autorité palestinienne n’en fît une affaire fructueuse, tous les esprits sensés se sont bien évidemment demandé qui avait tiré, Israël pouvant bien sûr être l’auteur par erreur, ou, pire, via l’acte volontaire d’un esprit malade.

Nos interrogations n’eurent pas le loisir d’être approfondies puisque l’Autorité palestinienne, en refusant toute enquête “avec ” Israël, fût-elel sous supervision américaine, et en refusant encore de livrer ladite balle, se décrédibilisait.

Nous ne savons pourquoi ce qui a été refusé il y a bientôt 2 mois aurait été accepté aujourd’hui.

Sur les réseaux sociaux, c’est déjà la fête à Abu Mazen, ce “sale traitre” qui aurait donné la balle aux Etats -Unis, lesquels allaient l’analyser avec … “le colonisateur”.

A lire The Guardian, et à écouter à la radio militaire israélienne Ran Kochav, le porte-parole de l’armée israélienne, “des enquêteurs israéliens en présence d’observateurs américains effectueraient des tests médico-légaux sur la balle remise en guise de preuves et pour examen à un coordinateur de la sécurité américain, à la condition qu’Israël ne soit pas de la partie.”

A écouter sur la radio Voice of Palestine Akram al-Khatib, le procureur général de l’Autorité palestinienne, “le test” aurait lieu à l’Ambassade américaine à Jérusalem, des garanties ayant été obtenues du coordinateur américain que l’examen serait mené sans “la partie israélienne.”

Ce soir, au vu des déclarations de Ran Kochav, l’AFP  parle d’un … nouveau différend qui pourrait faire dérailler ce qui, la veille, avait semblé être une étape majeure vers la résolution d’un bras de fer entre Israël et les Palestiniens. L’AP peut-elle faire confiance aux Américains, dépêche l’AFP.

Pour rappel, Tsahal a déclaré avoir identifié le fusil qui aurait pu être utilisé, mais ne pouvait tirer aucune conclusion avant confrontation avec la balle pour trouver les marques laissées par les rayures uniques du canon de l’arme.

S’il faut à l’évidence attendre la suite pour que le drame ne tourne pas à une affaire de cornecul comme il se fait ce soir où tous les media français titrent qu’Israël aurait quasiment rapté “la balle”, nous allons toutefois opposer un démenti absolu au paragraphe mensonger du Guardian qui évoque les données de l’armée publiées en vertu de la loi israélienne sur la liberté d’information et analysées par Yesh Din, une organisation israélienne de défense des droits de l’homme, lesquelles montreraient que les soldats israéliens jouiraient d’une impunité quasi totale dans les cas où des Palestiniens étaient blessés. “Nous attendons les résultats, si nous l’avons tuée, nous en prendrons la responsabilité”, a toujours dit Israël.


Dormons sereins : “L’ONU, l’UE et l’AP” ont toutes appelé à une enquête indépendante sur la mort de Shireen Abu Akleh, et les Palestiniens ont renvoyé l’affaire devant la Cour pénale internationale.

Dormons sereins mais restons vigilants : le nouveau chapitre de la guerre des récits sur le meurtre de la journaliste intervient quelques jours avant la visite le 13 juillet de Joe Biden, visite qui servira de test diplomatique et national pour le nouveau PM.

SourceTRIBUNEJUIVE.INFO

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