Sophie-Myriam Pétronin, les dessous d’un échange

Otage, ô désespoir, Sophie libérée mais pas délivrée

Sophie-Myriam Pétronin, les dessous d’un échange.

L’otage Sophie Pétronin a été libérée. Quand ces évènements se produisent, une grande émotion accompagne la solennité de l’instant. La personne prend conscience d’être sauvée. Elle prend conscience de la fin d’un cauchemar et elle remercie les militaires qui ont sauvé sa vie au risque de la leur. L’occasion peut, ici, être donnée de se souvenir du colonel Beltrame dont la vie fut prise pour sauver un otage de la barbarie islamiste.

Pour Sophie Pétronin, c’est tout le contraire. Elle veut retourner au Mali auprès des combattants islamistes qu’elle qualifie de “groupe d’opposition armée au régime”.

Elle appuie son propos en jugeant l’échange entre sa personne et 200 Jihadistes, “logique”. Pour elle, l’échange est normal. Les Jihadistes font la guerre et toute armée mettrait tout en œuvre pour libérer ses combattants.

La colère des militaires est grande. Le général Lecointre, chef d’état-major des Armées se permet une comparaison :

Les soldats français « n’auraient jamais l’idée pour obtenir la libération de prisonniers français par un ennemi quelconque de faire des otages dans la population civile ». Les terroristes ne sont pas des militaires.

Mais Sophie Pétronin est une musulmane convertie. Au passage, nous constatons une autre logique que celle de cette femme : un musulman prend naturellement le parti des islamistes. Y aurait-il eu un marché de dupes ? L’échange aurait-il été une musulmane contre 200 Jihadistes ? Sophie Pétronin, pardon pour elle Myriam Pétronin, de son nom musulman revendiqué, est Française. A ce titre, sa vie vaut largement celle de 200 Jihadistes.

Mais tout de même ! La géopolitique est avant tout de la métapolitique. L’émotion et l’irrationnel guident la géopolitique. Les opérations au Mali et Maghreb ne sont pas de la géopolitique mais de la géostratégie. Nous ne sommes pas dans le pourquoi mais dans le comment. Tout acte militaire se doit d’être réfléchi, maîtrisé, déterminé. Il y a autre chose que l’occasion de libérer une vieille femme française attachée à ses nouveaux amis musulmans contre la libération de 200 Jihadistes.

Le Maghreb est difficilement dissociable du Machrek. Ils sont le Levant et le Couchant de la terre arabo-musulmane. Ils sont gérés par les mêmes déterminants qui sont avant tout tribaux. Les tribus existaient avant que l’Occident ne dessine les frontières de nations qui n’existent pas historiquement, culturellement.

Nous notons l’opposition de deux courants islamistes : Al-Qaïda et Daech. A regarder le Maghreb de plus près, la réalité du conflit oppose les Touaregs aux Peuls sous fond traditionnel d’opposition entre éleveurs et “voleurs de bétail”. L’appartenance à une idéologie offre une légitimité à la violence armée. Nous aurons globalement des Peuls qui font allégeance à Daech et des Touaregs qui se revendiquent d’Al-Qaïda.

Il est notoire que l’échange entre Sophie Pétronin et 200 Jihadistes a été organisé par l’Algérie. Or, l’Algérie cherche à régler ses relations difficiles avec les Touaregs dans son grand Sud. L’Algérie, par cet échange, se libère de son principal souci au Sud.

Pour la France, l’ennemi est Daech. L’affaire Sophie Pétronin est un acte de guerre qui favorise les intérêts français, selon la formule de Raymond Aron pour qui la guerre n’est que la continuité de la politique par d’autres moyens que la diplomatie. L’opposition de courants religieux n’est que la continuité de l’opposition tribale par d’autres moyens que le rezzou.

Peu importent, finalement, les considérations géopolitico-religieuses de Sophie Pétronin. Le Sahara, ce n’est que du sable et des poux, Raml wa qaml.

Par ©Gilles Falavigna

SourceJFORUM.FR

ARTICLES POPULAIRES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Populaire cette semaine

Derniers Commentaires

SourceJFORUM.FR