Syrie : les F-16 belges s'envolent de Florennes pour aller combattre Daech

Quatre avions de combat F-16 – et un appareil de réserve – se sont envolés mardi matin de la base aérienne de Florennes, dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, pour rejoindre la Jordanie et participer, à partir du 1er octobre, aux opérations aériennes de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI), toujours actif en Irak et en Syrie.

Ils ont décollé avec une heure de retard sur l’horaire prévu, en raison d’un « problème technique« .

Quatre de ces appareils devaient rejoindre la Jordanie – en fait la base d’al Azraq (centre-est du pays) – au terme de près de cinq heures de vol au-dessus de la France puis de la mer Méditerranée, ponctuées de ravitaillements en vol effectués avec l’aide d’un avion français, un KC-135 parti peu après d’Istres (sud de la France).

L’appareil de réserve devait faire demi-tour après le premier ravitaillement et regagner la Belgique.

Les quatre autres F-16 seront opérationnels à partir de jeudi pour des missions au-dessus de l’Irak et du nord-est de la Syrie, mis en œuvre par un détachement de quelque 125 personnes, a expliqué le nouveau commandant de la composante Air, le général-major Thierry Dupont, devant la presse.


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C’est la troisième fois depuis 2014 que la Belgique prend part avec des avions de chasse à l’opération « Inherent Resolve » (OIR) de la coalition, qui a permis d’éliminer le califat physique autoproclamé par l’EI (Daech, selon son acronyme arabe) sur de vastes zones des territoires irakien et syrien.

« Il y a encore des activités militaires de Daech en Syrie et en Irak » et « la coalition manque d’avions de combat« , a ajouté le général Dupont.

« La principale mission, c’est la protection des troupes au sol » de la coalition et des forces irakiennes – du « Close Air Support« , CAS, en jargon – , et « la reconnaissance » armée, a pour sa part résumé le commandant de la base de Florennes, le colonel Philippe Goffin. Les appareils belges peuvent aussi être appelés à attaquer des objectifs au sol de Daech, sous le vocable d' »Air Interdiction« . Le tout sous le contrôle d’un « Red Card Holder« , un officier supérieur en poste au sein du centre d’opérations aériennes (« Combined Air Operations Centre« , CAOC) installé à al-Udeid, au Qatar. Il est chargé, avec trois collaborateurs, d’autoriser ou non les frappes aériennes en fonction du mandat et des « règles d’engagements » très strictes définis par le gouvernement.

Le chef du détachement, déjà présent en Jordanie, a expliqué par vidéoconférence que tout le personnel déployé au cours des dernières semaines au sein d’un camp de l’armée allemande pour cette opération baptisée « Desert Falcon » (ODF) avait dû respecter une quarantaine liée au coronavirus.


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Les F-16 disposeront pour cette mission d’un nouvel armement, des bombes de plus petite taille, ne provoquant qu’un effet de souffle – et donc des dommages – réduit(s) : des GBU-39/B, également appelées SDB (« Small Diameter Bombs« ).

Ces munitions de précision, capables de réaliser des frappes chirurgicales, sont guidées par GPS couplé à un système inertiel. D’un poids de 110 kg, dont 17 kg d’explosif, elles peuvent perforer 2,4 mètres de béton. Elles sont aussi capables de planer pendant 110 km avant d’atteindre leur objectif. Un F-16 peut en emporter huit à la fois, selon la Défense.

Ces SBD complètent la panoplie d’armements que peuvent emporter les chasseurs-bombardiers belges et composée de bombes de plus grande taille.

La Belgique participe militairement à la lutte contre Daech depuis 2014 – à la fois avec des avions de combat et avec des forces spéciales déployées au sol en Irak entre janvier 2015 et fin novembre 2018. Ce qui lui a valu d’être admise au sein du « small group » de la coalition anti-Daech, le noyau dur des pays les plus impliqués militairement, qui ne compte que treize membres.

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