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mercredi 30 septembre 2020

Territoire palestinien occupé : la Covid-19 dévaste une économie déjà en ruine

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La Covid-19 a « aggravé les conditions économiques désastreuses » dans le Territoire palestinien occupé, qui allaient déjà « de mal en pis avant la pandémie », selon le dernier rapport de la CNUCED sur son assistance au peuple palestinien.

Le nouveau coronavirus a frappé à un moment particulièrement pénible pour la Palestine. Avant même que la Covid-19 ne frappe, les prévisions de l’économie palestinienne en 2020 et 2021 étaient déjà sombres, le Produit intérieur brut PIB par habitant devant diminuer de 3 à 4,5%.

Selon cette agence onusienne basée à Genève, les taux de pauvreté et de chômage sont restés élevés et le PIB par habitant a diminué pour la troisième année consécutive. Une situation qui témoigne de la poursuite de la détérioration de l’économie palestinienne en 2019 et au cours du premier semestre de cette année.

Diverses estimations du coût de la pandémie indiquent une perte économique de l’ordre de 7 à 35% du PIB, selon les hypothèses de prévision sur la gravité et la durée de la pandémie. Les recettes fiscales devraient chuter en même temps que le PIB.

Or avant même l’arrivée de la Covid-19, l’économie palestinienne ne se portait pas mieux. En 2019, le PIB réel a augmenté de moins d’un point de pourcentage, ce qui n’est pas mieux que les deux années précédentes. La Cisjordanie a enregistré son taux de croissance le plus faible depuis 2012 (1,15%), tandis que la croissance économique à Gaza était pratiquement nulle. En effet, elle n’a pas réussi à rebondir après deux années consécutives de contraction de son PIB, à -7,7% et -3,5% en 2017 et 2018 respectivement.

Les recettes fiscales à leur niveau le plus bas depuis 20 ans

Plus largement, les mesures de confinement pour contrôler la Covid-19 depuis son apparition début mars ont eu de graves implications fiscales. À peine un mois après l’épidémie, les recettes perçues par l’Autorité Palestinienne au titre du commerce, du tourisme et des transferts ont atteint « leur niveau le plus bas depuis 20 ans ». « Dans le territoire palestinien occupé, l’espace politique et les outils de politique économique nécessaires font défaut à l’Autorité palestinienne pour relever l’énorme défi posé par la pandémie », regrette la CNUCED.

Et l’impact fiscal est aggravé par les dépenses supplémentaires en matière de santé, de protection sociale et de soutien au secteur privé rendues nécessaires par la pandémie.

En outre, l’économie palestinienne a été fortement dépendante des transferts tant officiels que privés. Toutefois, ces deux types de transferts devraient diminuer à la suite de la pandémie.

Dans le même temps, le soutien des donateurs en 2020 devrait tomber à environ 266 millions de dollars, le plus bas niveau depuis plus d’une décennie. Or sous l’occupation, l’Autorité palestinienne ne dispose pas de l’espace politique et des outils de politique économique nécessaires pour faire face au défi massif posé par la pandémie. Elle n’a pas accès à l’emprunt extérieur, n’a pas de monnaie nationale, n’a pas de politique monétaire indépendante et ne dispose d’aucune marge de manœuvre budgétaire.

Dans ces conditions, « la communauté internationale devrait de toute urgence redoubler d’efforts pour soutenir le peuple palestinien et ainsi lui permettre de faire face aux effets négatifs sur l’économie de la pandémie », a déclaré Mukhisa Kituyi, Secrétaire général de la CNUCED. Pour le chef de cette agence onusienne, il n’y a pas d’alternative au soutien des donateurs pour assurer la survie de l’économie palestinienne.

Une économie en état de siège avec un taux de « chômage fort élevé »

D’autant que les mesures imposées par Israël, la diminution du soutien des donateurs et les mauvaises performances économiques qui en découlent ont entraîné une détérioration significative des conditions socio-économiques sur le territoire palestinien, analyse le rapport de la CNUCED.

Le taux de chômage déjà fort élevé est ainsi passé de 31% en 2018 à 33% en 2019, tandis que le niveau de pauvreté est passé de 25,8% à 29,2% entre 2011 et 2017, et s’est encore aggravé depuis. À Gaza, 80% de la population dépend d’une aide internationale instable, privée de sécurité alimentaire, de ressources en matière d’hygiène, de soins médicaux, d’électricité et d’eau potable.

D’une manière générale, les restrictions et les retenues sur les ressources fiscales continuent de saper l’économie palestinienne. La CNUCED a précédemment estimé la perte annuelle de ressources fiscales palestiniennes au profit du trésor israélien à 3,7% du PIB, soit 17,8% des recettes fiscales totales.

En outre, en mars de cette année, une nouvelle déduction annuelle de 144 millions de dollars a été appliquée sur les recettes douanières des palestiniens – ce qui équivaut aux paiements effectués par l’Autorité nationale palestinienne (ANP) aux familles des palestiniens détenus dans les prisons israéliennes ou tués « lors d’attaques ou de prétendues attaques contre des Israéliens ».

Dans ces conditions, l’impasse budgétaire a pesé lourdement sur l’économie et a limité la croissance du PIB. L’impact de la perte budgétaire due à l’occupation a été aggravé par la baisse substantielle du soutien des donateurs à l’ANP. Le soutien budgétaire des donateurs est passé d’un niveau élevé de 32% du PIB en 2008 à 3,5% en 2019.

Les conséquences de l’expansion des colonies israéliennes

Sur un autre plan, le rapport de la CNUCED s’est penché sur les conséquences de la politique de l’annexion de la puissance occupante. Entre 2000 et 2019, plus d’un million d’arbres productifs palestiniens ont été détruits sous l’occupation.

Pour favoriser l’expansion des colonies, le régime israélien de zonage et de planification rend pratiquement impossible à tout palestinien l’obtention d’un permis de construire sur ses propres terres, quel que soit le but recherché. Les Palestiniens sont donc contraints de construire sans permis, s’exposant à des démolitions punitives à leurs propres frais.

En 2019, Israël a démoli ou saisi 622 structures palestiniennes en Cisjordanie, dont 127 destinées à l’aide humanitaire. « La démolition est une expérience traumatisante qui entraîne la pauvreté, le déplacement, la perte d’un toit, la séparation des familles, la détresse psychologique et la privation de services de base tels que les soins de santé et d’éducation », fustige la CNUCED.

Les femmes palestiniennes paient le plus lourd tribut sous l’occupation

A noter qu’à la fin 2018, il y avait 150 colonies et 128 avant-postes en Cisjordanie, qui, selon les résolutions 2334 et 476 du Conseil de sécurité des Nations unies, constituent des violations flagrantes du droit international.

Par ailleurs, le rapport souligne que la dynamique de l’occupation affecte particulièrement les femmes, les jeunes et la population de Gaza.

Les femmes palestiniennes ont payé le plus lourd tribut, car le déclin du secteur agricole les a privées de travail dans leur secteur d’emploi traditionnel, ne laissant guère d’alternatives après la période d’occupation.

En outre, les femmes sont touchées différemment par d’autres pratiques en lien avec l’occupation telles que les démolitions de maisons et les entraves à la circulation, qui limitent leur participation à l’éducation et au marché du travail.

Dans certaines régions, les parents hésitent à envoyer leurs filles à l’école en période de crise sécuritaire, et même de manière permanente. Il en résulte une faible fréquentation scolaire et un taux d’abandon élevé. Les effets cumulatifs exposent les femmes à un risque accru de pauvreté et de marginalisation.

SourceFRANCE-PALESTINE.ORG

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