Terrorisme : ils prévoyaient une attaque lors de l'Euro 2016, l'intervention de la police avait permis d'éviter un carnage

Le procès qui se termine ce vendredi devant les assises spéciales de Paris illustre l’importance de la gestion rapide de l’information en matière de terrorisme. En règle générale, l’idée est de retarder l’intervention policière et d’attendre le quasi flagrant délit. Plus déterminant pour la suite, lorsqu’il faut monter le dossier pour emporter la conviction des juges qu’il y avait une réelle volonté d’agir.

Mais après les attentats de Paris en novembre 2015 et de Bruxelles en mars 2016, le contexte ne permettait plus de prise de risque. Trop de morts innocents.

A peine trois jours après les attentats de Bruxelles, grâce aux méthodes particulières de recherche, un suspect est interpellé à Schaerbeek à un arrêt de tram situé à proximité de la place Meiser. Suivi depuis plusieurs jours, Abderrahmane Ameuroud (43 ans) était connu de la documentation judiciaire pour son passé djihadiste.


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Les conditions de son arrestation en plein jour, dans un endroit fréquenté, avaient entraîné par la suite un bouclage du quartier et l’arrivée des démineurs, les policiers craignant que son sac à dos ne soit piégé.

Une cellule djihadiste prête à passer à l’action

La veille, en région parisienne, un autre suspect avait été arrêté dans un appartement d’Argenteuil là où les policiers avaient découvert un véritable arsenal de guerre : cinq fusils d’assaut de type Kalachnikov, sept armes de poing, de nombreuses munitions, 105 g de TATP – une substance prisée des jihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) pour des attentats – 1,3 kg d’explosif industriel, ainsi que des documents administratifs volés ou falsifiés et de très nombreux téléphones. En résumé, le parfait matériel d’une cellule djihadiste.

« Travailler » lors de l’Euro 2016

L’appartement avait été loué sous une fausse identité par Réda Kriket (39 ans) durant l’été 2015 et présentait les caractéristiques d’une planque destinée à abriter les préparatifs d’un attentat. L’enquête permettra d’en apprendre plus au fil des mois. D’autant que les profils des suspects étaient interpellant.

Pour l’accusation, l’enquête a permis d’établir que cette « cellule d’Argenteuil » avait pour objectif de « travailler » lors de l’Euro 2016. Mais la rapidité de l’intervention policière a son revers, celui de n’avoir pas permis de déterminer l’objectif précis choisi par les accusés. Des relations entre suspects en France et en Belgique sont rapidement apparues.

Des antécédents djihadistes en Belgique

Les deux hommes sont connus de la justice. Abderrahmane Ameuroud interpellé à Schaerbeek est un djihadiste de la première heure. Il a été condamné en 2005 pour complicité dans l’assassinat du commandant Massoud en Afghanistan (2001).


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Quant à Réda Kriket, il était, lors de son arrestation à Argenteuil, sous le coup d’un mandat d’arrêt international, pour une condamnation par défaut en Belgique en juillet 2015. Dix ans de prison pour appartenance à une organisation terroriste dans le cadre d’une filière de départs vers la Syrie. Lui-même est d’ailleurs soupçonné de s’y être rendu dès 2014. Abdelhamid Abaaoud, tête pensante des attentats de Paris, planqué lui aussi durant l’été 2015, était également poursuivi dans la même procédure.

Les accusés réfutent toute intention terroriste

Comme souvent lorsqu’un attentat n’a pas eu lieu, les accusés disposent de plus de latitude pour nier le projet d’attentat. Devant la cour d’assises, les avocats de la défense de Reda Kriket ont d’ailleurs fait valoir que les armes trouvées étaient destinées non pas à des actes terroristes mais à l’interception de stupéfiants ou à être revendues, Réda Kriket étant un délinquant multirécidiviste motivé avant tout par l’argent facile.

Lourdes peines réclamées contre les trois principaux accusés

Pour l’accusation, l’explication ne tient pas car de nombreux profils ADN ont été identifiés dans la planque, dont celui d’Ameuroud, ce qui ne colle pas avec l’image de délinquant solitaire avancé par Kriket.

Les deux hommes constituaient le cœur idéologique et opérationnel de cette cellule d’Argenteuil, soupçonnée d’avoir été mandatée, depuis la Syrie, par l’Etat islamique, indique l’accusation. La peine maximale a été requise, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, à l’encontre des trois principaux accusés. Des peines allant de quatre ans d’emprisonnement à treize ans de réclusion ont été requises contre quatre autres accusés, impliqués à des degrés moindres.

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SourceRTBF.BE

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