Un altermondialiste jugé pour avoir volé 14 chaises dans une agence bancaire

Le militant altermondialiste Jon Palais est jugé demain à Dax (Landes) pour le vol de 14 chaises dans une agence parisienne de BNP Paribas en octobre 2015. Un procès que le militant landais et ses amis veulent transformer en tribunal de l’évasion fiscale avec une journée «festive et revendicative».

De 600 à 1.000 personnes sont attendues par les organisateurs dès la matinée dans la sous-préfecture des Landes, entre réalisation de fresque géante et défilé en musique dans les rues. De nombreuses interventions sont programmées, comme celle du philosophe Edgar Morin qui a participé à ces actions ou de José Bové. Plusieurs candidats à la présidentielle comme Benoît Hamon (PS), Yannick Jadot (EELV) et Philippe Poutou (NPA) sont aussi annoncés sur place pour parler lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, évaluées entre 60 et 80 milliards d’euros en France, et 1.000 milliards en Europe chaque année.

Le concept de «réquisition citoyenne de chaises» (»Rendez les milliards, nous rendrons les chaises!») avait été lancé en février 2015 dans une agence HSBC de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) après le scandale des Swissleaks, par le mouvement basque Bizi (»Vivre») auquel appartient Jon Palais.Une quarantaine d’actions collectives de «fauchages de chaises», dont celle faisant l’objet du procès, avaient ensuite été menées dans d’autres banques.

Identifié comme un des leaders du mouvement, Jon Palais, qui risque 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende. «On est dans une démarche de désobéissance civile avec des actions à visage découvert. Les réquisitions ont permis à des gens de transformer leur colère en action non violente constructive pour créer du débat», a dit Jon Palais . Le militant de 37 ans sera défendu par Eva Joly, l’ex-juge anti-corruption devenue avocate, et sa fille Caroline Joly. De son côté, BNP Paribas assure n’être présente «dans aucun paradis fiscal de la liste de l’OCDE, la seule reconnue mondialement». Un porte-parole du groupe a expliqué que ce n’était «pas le vol de chaises en soi qui l’avait conduit à porter plainte mais l’intrusion à caractère offensant et violent à l’encontre des clients et collaborateurs de l’agence». Se constituant partie civile, mais sans demander a priori de dommages et intérêts, BNP espère une condamnation symbolique afin que «ces actions cessent au plus vite pour un dialogue serein».

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