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Emmanuel Macron — HAMILTON-POOL/SIPA

L’« itinérance mémorielle » du chef de l’Etat n’avait pas besoin de cette polémique. Après les réactions indignées aux propos d’Emmanuel Macron, qui avait jugé « légitime » de rendre hommage au maréchal Pétain samedi aux Invalides, l’Elysée et le gouvernement ont tenté d’éteindre l’incendie.

D’abord par la voix du président lui-même : relancé sur le sujet en fin d’après-midi, en déplacement dans l’Aisne, Emmanuel Macron a expliqué qu’il « ne pardonn[ait] rien » des actes du maréchal mais qu’il « ne gomm[ait] rien » de l’Histoire de France. « Vous créez des polémiques tous seuls, mes enfants », a-t-il lancé aux journalistes, les accusant d’être dans un « bocal ».

« Comme indiqué à plusieurs reprises ces derniers jours, le samedi 10 novembre ne seront honorés que les maréchaux présents aux Invalides : Foch, Lyautey, Franchet d’Esperey, Maunoury et Fayolle », a affirmé ensuite l’Elysée sur Twitter.

« Stop aux contresens », a insisté Marlène Schiappa sur le même canal. « Le Maréchal Pétain, traître à la patrie, a été condamné à l’indignité nationale. Le Président de la République ne va PAS le célébrer », a martelé la secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes et à la lutte contre les discriminations.

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a lui dénoncé une « mauvaise polémique », écrivant sur Facebook : « Aucun hommage ne sera rendu à Pétain samedi. Il n’en a jamais été question […] Les maréchaux dont l’honneur n’a pas été entaché, ceux-là, et ceux-là seuls, recevront l’hommage de la République : Foch, Joffre, Lyautey, Franchet d’Esperey, Fayolle, Maunoury. Pas Pétain, qui a été frappé d’indignité nationale pour avoir collaboré avec la barbarie nazie de façon odieuse et criminelle », a-t-il lancé, en ajoutant : « S’il y a eu confusion, c’est que nous n’avions pas été suffisamment clairs sur ce point ».

« L’Histoire n’isole pas une étape, même glorieuse »

Les propos du chef de l’Etat avaient immédiatement provoqué la controverse. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s’est dit « choqué ». SOS Racisme et l’Union des étudiants juifs de France ont dénoncé une stratégie de « réhabilitation ».

L’opposition politique, essentiellement à gauche, s’est dite scandalisée. « Pétain est un traître et un antisémite. Ses crimes et sa trahison sont imprescriptibles. Macron, cette fois-ci, c’est trop ! », a dénoncé Jean-Luc Mélenchon. « Rien ne justifie une telle honte », a estimé l’ex-candidat PS à la présidentielle Benoît Hamon.

« L’Histoire n’isole pas une étape, même glorieuse d’un parcours militaire. Elle juge l’immense et indigne responsabilité d’un maréchal qui a délibérément couvert de son nom et de son prestige, la trahison, la collaboration et la déportation de milliers de juifs de France », a commenté l’ancien président François Hollande dans la soirée.

Au contraire, pour le député Les Républicains Philippe Gosselin, « il y a lieu de rendre hommage au général Pétain » de la Grande Guerre, même s’il « ne s’agit pas de faire l’apologie de l’Etat français du régime de Vichy » de 1940-1944.

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