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Capture de la page d’accueil du site «Démocratie Participative», le 07 novembre 2018. — CAPTURE

  • « Démocratie Participative » est un site ouvertement raciste et antisémite.
  • Hébergé aux Etats-Unis, il ne peut pas être interdit par la justice française.
  • Son auteur serait l’ultranationaliste breton Boris Le Lay, exilé au Japon.
  • Ce jeudi, neuf opérateurs de télécoms pourraient être contraints de le bloquer.

Lundi, il qualifiait la secrétaire d’État Emmanuelle Wargon de « youpine à face de rat (…) tordue et difforme ». Mercredi, il ironisait sur l’élection d’une Miss Auvergne noire et les « boudins xénophobes ». Et entre les deux, il travaillait sans doute à l’élaboration de son « guide racial de l’afro-bougnoulisation des villes et villages de France à éviter ». Ouvertement raciste, antisémite et homophobe, le site « Démocratie Participative » ne pourra plus publier de tels propos très longtemps.

Le procureur de la République de Paris a assigné en référé, ce jeudi, neuf opérateurs de télécoms afin qu’ils bloquent l’accès à ce site Internet  qu’il est bien connu dans la « fachosphère ». Selon les chiffres de Médiamétrie, il a, en effet, enregistré 147.000 visiteurs uniques en septembre.

Les opérateurs sommés de fermer les tuyaux

Au cours de cette procédure d’urgence audiencée à 14h, le procureur va demander au juge de constater le « caractère manifestement illicite » du site et, en conséquence, d’ordonner aux fournisseurs d’accès à Internet de fermer tous les tuyaux menant jusqu’à lui, leur laissant un délai de quinze jours pour s’exécuter avant qu’ils ne s’exposent à une astreinte de 10.000 euros par jour de retard.

Contacté par 20 Minutes, Orange indique d’ores et déjà qu’il « se conformera, comme toujours, avec diligence et dans les délais impartis, aux décisions de justice qui seront prises ». Les autres opérateurs devraient en faire autant.

Le site hébergé aux Etats-Unis, son auteur exilé au Japon ?

Ce ne serait pas une première. En 2005 déjà, les fournisseurs d’accès avaient été contraints de filtrer l’accès au site négationniste et antisémite de l’Association des anciens amateurs de récits de guerre et d’holocauste. A l’époque, l’AAARGH avait réagi en migrant une partie de ses contenus sur d’autres adresses. Et il est à craindre que « Démocratie Participative » fasse de même.

Car si l’audience en référé de ce jeudi est un moyen intelligent de bloquer ce site haineux, c’est aussi un aveu d’impuissance énorme à traduire ses réels auteurs en justice. Encore faudrait-il les connaître… Malgré des dizaines de plaintes et de signalements, les enquêteurs ne sont jamais parvenus à identifier avec certitude le directeur de la publication. « D’après l’hypothèse la plus probable, il s’agit de l’ultranationaliste breton Boris Le Lay, souffle à 20 Minutes, une source proche du dossier. Mais il nous manque des preuves… »

Capture des mentions légales du site «Démocratie Participative». – CAPTURE

Hébergé outre-Atlantique, le site indique simplement dans ses mentions qu’il est « placé sous la protection du Premier amendement des États-Unis » garantissant la liberté d’expression. Quant à Boris Le Lay, il n’a pas donné suite à nos demandes d’interview. Condamné en son absence à de multiples reprises pour « diffamation » ou « injures », il serait aujourd’hui exilé au Japon. « Pour l’instant, on ne peut rien faire contre lui », résume, amer, un porte-parole de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme (Dilcrah).

Dans le viseur, un autre site ayant Hitler pour modèle

La traque des contenus racistes sur Internet devrait s’intensifier dans les prochains mois. En mars, Édouard Philippe a en effet annoncé un nouveau plan afin de lutter contre « le déferlement » de haine en ligne. Les effectifs déployés sur la plate-forme Pharos doivent notamment être doublés pour améliorer le traitement des signalements.

« Et puis, surtout, nous sommes en train de construire le droit à ce sujet, indique une source judiciaire. Petit à petit, à mesure que les décisions de justice seront prises, les sites tels que ‘’Démocratie Participative’’ ne pourront plus diffuser leur contenu dans l’Hexagone. »

En attendant et selon nos informations, le parquet aurait déjà identifié un autre site xénophobe et s’apprêterait à lancer la même procédure à son encontre. Ce site, dont le nom a été communiqué à 20 Minutes, indique avoir comme modèle – « certes imparfait mais comme modèle tout de même » – Adolphe Hitler. En septembre, il revendiquait 1.500 visiteurs chaque jour.

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