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La vétérinaire Marie Gilles reçoit une dizaine de propriétaires avec leurs animaux tous les jours. — N.W./20Minutes

  • A Strasbourg, un dispensaire pour soigner les animaux des personnes en difficultés financières a ouvert au coeur du quartier de la gare.
  • Aucune justification de ressource n’est nécessaire pour faire soigner son animal, il suffit de remplir une déclaration sur l’honneur à l’accueil.
  • Les animaux sont pris en charge le matin et rendu à leur propriétaire le soir même, le dispensaire fermant ses portes à 17h.

Pour l’instant, ce sont surtout les chats qui se font soigner. « Mais on a aussi des chiens, des rats, des furets et même des perroquets », indique le docteur Marie Gilles, médecin vétérinaire du nouveau dispensaire de la fondation des animaux à Strasbourg.

« Je me retrouve dans la merde »

Ouvert en juillet au 29 rue Adolphe Seyboth, ce centre de soins qui fonctionne uniquement grâce aux dons et legs (voir encadré plus bas) est situé au cœur du quartier de la gare. Il permet aux propriétaires les plus défavorisés de faire soigner leurs bêtes à petit prix. Prendre soin de son animal a en effet un prix et en fonction de la pathologie, la facture peut vite grimper. « Le manque de moyens ne doit pas empêcher les propriétaires de prendre soin de leurs animaux », avance Mathieu Ouvrard, aide auxiliaire vétérinaire.

Etudiants, demandeurs d’emploi, travailleurs pauvres, retraités sans le sou… Les profils des visiteurs sont à l’image de la société. « Je vais parler franchement, je me retrouve dans la merde », souffle une dame qui arrive en début d’après-midi avec Patchi, un mekong âgé d’à peine 3 mois. Le chaton, trop maigre, miaule fort à travers sa cage. « J’ai hésité à venir, j’avais peur de prendre la place de quelqu’un qui en avait plus besoin », confie la dame, un peu gênée. « Pas du tout, vous avez bien fait », évacue la vétérinaire.

« On est là pour soigner, pas pour juger »

Un nez et des yeux qui coulent, un état de fatigue généralisé… La docteure diagnostique un début de coryza. Très contagieuse, la maladie nécessite un traitement pour éviter le pire. Patchi n’échappera pas aux antibiotiques. « Il faut qu’il prenne 400 g dans les deux semaines », prévient la vétérinaire. Patchi repart dans sa cage en miaulant de plus belle.

La propriétaire de Patchi repart sans avoir rien déboursé. Une « participation symbolique » demandée peut monter jusqu’à 40 euros pour une opération lourde. Mais lorsque l’usager a peu de moyens, comme elle, c’est gratuit. Aucune justification de ressource n’est nécessaire, il suffit de remplir une déclaration sur l’honneur à l’accueil. « On est là pour soigner, pas pour juger », précise l’auxiliaire Mathieu Ouvrard.

« On est bien accueilli et ce n’est pas cher »

Arrive Mimi, une chatte de 4 ans chouchoutée par sa propriétaire. Elle a vomi et a passé une mauvaise nuit. « On vient parce que ce n’est pas cher. Et puis j’ai déjà deux chiens et quatre chiens, vous imaginez les frais de véto », s’exclame celle-ci. Mimi vomit ses repas et n’a plus d’énergie. La vétérinaire palpe le cou et l’estomac, à la recherche de ganglions. Rien à signaler. Mimi reçoit une injection pour stimuler son appétit et repart avec un antivomitif.

A peine le temps de souffler et c’est Paola, maîtresse de Noisette, une magnifique chatte croisée qui fait son apparition. « C’est ma sœur qui l’a trouvé sur le trottoir, ses anciens propriétaires l’avaient abandonné avec leurs affaires », raconte l’étudiante, qui l’a recueilli. A 27 ans, elle termine ses études en marketing et n’a pas encore les moyens de se rendre chez un vétérinaire libéral : « On est bien accueilli et ce n’est pas cher. C’est vraiment bien », dit-elle avec un grand sourire.

Noisette, chez qui la vétérinaire décèle une conjonctive et une gale des oreilles, se voit prescrire avec un traitement antibiotique. L’accent est mis sur l’importance de la stérilisation. « C’est la clef de voûte des dispensaires. Pour éviter la prolifération excessive, les pathologies qui y sont associées et aussi limiter le commerce ».

Les moyens restent limités

Malgré des coûts allégés, les soins proposés au dispensaire sont les mêmes que ceux pratiqués par un cabinet vétérinaire « classique ». L’établissement comporte une salle de consultation, un bloc opératoire et des équipements à la pointe de la modernité. Mais les moyens restent limités : le dispensaire ne permet pas de faire de radios ou d’échographie, ni de grosses interventions.

Les animaux sont pris en charge le matin et rendu à leur propriétaire le soir même, le dispensaire fermant ses portes à 17h. Comme la surveillance de nuit n’est pas possible, l’équipe peut rediriger vers un autre vétérinaire dans certains cas exceptionnels. En dépit de ces restrictions, le centre ne désemplit pas. Plusieurs centaines de patounes ont déjà franchi les portes du dispensaire depuis l’ouverture.

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Comment est financé le dispensaire de Strasbourg?

La fondation des animaux, qui gère notamment le dispensaire de Strasbourg, est une association qui défend la cause animale comme 30 millions d’amis ou la SPA. Reconnue d’utilité publique depuis 1989, elle fonctionne uniquement grâce aux dons. Refuges, maisons de retraite pour animaux âgés… Elle installe également des fermes pédagogiques pour sensibiliser les enfants à la cause animale. D’autres dispensaires ont été ouverts à Paris, Bordeaux, Nice, Marseille et Toulon. 

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