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Lors de sa visite à Paris, le président palestinien a déclaré, vendredi, que les États-Unis s’étaient « discrédités » en reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël. Il n’acceptera d’ailleurs aucun plan de paix de la part de Washington.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré, vendredi 22 décembre, qu’il n’accepterait « aucun plan » de paix avec Israël de la part des États-Unis, après que Washington a reconnu Jérusalem comme la capitale de l’État hébreu.

« Les États-Unis se sont disqualifiés eux-mêmes », a expliqué le chef d’État palestinien, qui a d’ailleurs refusé de rencontrer le vice-président américain, Mike Pence, lors de son prochain voyage au Proche-Orient, alors que Washington a prévu de dévoiler un plan de paix pour la région au printemps 2018.

« La position d’Abbas est radicale et mènera aussi à une impasse, car il n’y a pas aujourd’hui, au sein de la communauté internationale, de médiateur qui puisse avoir la crédibilité, la puissance diplomatique et économique des États-Unis », déclare David Khalfa, chercheur associé à l’IPSE, sur France 24.

David Khalfa, chercheur associé à l’IPSE

Le chef d’État palestinien s’exprimait à l’issue d’un entretien avec le président français Emmanuel Macron, à Paris, au lendemain d’une large condamnation par l’Assemblée générale de l’ONU de la décision de Donald Trump, datant du 6 décembre.

Emmanuel Macron – qui depuis son élection met en garde contre la multiplication des initiatives dans le dossier israélo-palestinien – s’est gardé d’annoncer une initiative française à l’image de celle lancée sans grand succès sous le quinquennat précédent.

« Nous commettrions une faute profonde. […] À partir du moment où on se marginalise pour choisir un camp, on n’aide plus pour construire la paix », a-t-il estimé. « Les Américains se sont marginalisés, je cherche pour le moment à ne pas faire de même ».

La France « prendra ses responsabilités en lien avec l’ONU et ses partenaires pour aller vers [la paix] mais je souhaite le faire au bon moment », a-t-il ajouté. « Au moment où je le jugerai opportun, je le ferai mais je ne le ferai jamais sous la pression de situations extérieures aux choix de la diplomatie française. »

« L’approche du président [Macron] est pour le moins prudente », analyse David Khalfa.

« Pas de solution sans accord entre les parties »

Le président français a écarté toute reconnaissance unilatérale par la France d’un État palestinien. « Décider unilatéralement de reconnaître la Palestine est-il efficace ? Je ne crois pas. Car ce serait une réaction » à la décision américaine « qui a provoqué des troubles dans la région », a-t-il développé.

Emmanuel Macron, qui se rendra en Israël et dans les Territoires palestiniens en 2018, a rappelé la position française estimant qu’il « n’y avait pas d’alternative à la solution des deux États et pas de solution sans accord entre les parties sur Jérusalem ».

Un Palestinien de 24 ans a été tué, vendredi, et dix autres manifestants ont été blessés par des tirs des forces de sécurité israéliennes dans le sud de la bande de Gaza, a annoncé le ministère palestinien de la Santé.

Avec Reuters et AFP

Première publication : 22/12/2017

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