La source de cet article se trouve sur ce site

INFOGRAPHIE – Dans l’île majoritairement chrétienne depuis le XIXe siècle, musulmans modérés et acteurs économiques ne cachent pas leur inquiétude face à la propagation sourde de l’islamisme. Ils sont consternés par les progrès du salafisme dans les Comores voisines.

Envoyé spécial à Vohipeno

Service infographie Figaro

Àpremière vue, Vohipeno est une pauvre mais charmante bourgade rurale fleurie de bougainvilliers et qui sent bon le clou de girofle, principale production de cette côte sud-est de Madagascar. On la découvre en empruntant vers le sud, de Manakara vers Fort-Dauphin, la route nationale 12, dont les bornes kilométriques rouge et blanc n’ont pas changé depuis l’époque de la colonie française.

Sans électricité, parfois ombragées de palmiers ou de ravenalas («arbres du voyageur», sortes d’éventails géants), les maisons sont toutes en bois, frustes façades délavées par les intempéries. Soudain, en descendant vers la mer, on tombe sur le minaret blanc d’une mosquée défraîchie, auquel est accolé un immeuble tout neuf de béton gris, dans lequel disparaît en nous voyant une furtive silhouette en abaya noire. C’est, à côté de la mosquée de Vatomasina («de la Pierre sacrée»), payée par la Libye de Kadhafi en 1990, la toute nouvelle «École islamique de la réussite». Propre, le bâtiment surplombe de loin un terrain de football municipal poussiéreux, bordé de boutiques branlantes, où des garçons en guenilles, rigolards, slaloment, entre les détritus, derrière un ballon à moitié dégonflé.

Mais, en ce mardi après-midi, il y a des enfants de Vohipeno qui s’amusent moins. Ils sont quarante-cinq garçonnets, de 7 à 14 ans, dans leurs djellabas crasseuses, le bonnet de prière sur la tête, assis en tailleur à même le sol de la grande salle sombre du rez-de-chaussée de l’école …

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here